Commentaire Eleison 807 et 808
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| Conférence de l'abbé PICOT du 10 janvier 2023 concernant un Commentaire Eleison de Mgr Williamson |
Partie 1
À qui fait autrement, ne soyez
pas pénibles.
Dieu ne
demande pas des choses impossibles.
Un
lecteur bien troublé par la situation dans l’Église catholique nous envoie un
certain nombre de questions pratiques que beaucoup d’âmes catholiques doivent
se poser aujourd’hui en relation avec le grave devoir de tout catholique
d’assister à la Messe pour remplir son obligation dominicale. En temps normal,
les réponses sont relativement claires. Or, depuis la révolution de Vatican II
dans les années 1960, les circonstances dans l’Église ne sont plus normales, et
les réponses ne sont donc plus aussi claires. Énumérons les questions de ce
lecteur, allant du général au particulier, sachant que ce Commentaire propose
ses réponses sans rien imposer.
1 Dans
quelle mesure l’Église conciliaire est-elle catholique, et dans quelle mesure
est-elle contrefaite ?
Réponse :
Dieu seul le sait, car Lui seul connaît les secrets des cœurs des hommes, et la
frontière entre la vraie et la fausse Église passe souvent par le cœur des
hommes, à savoir par exemple s’ils ont ou non la foi catholique. Puisque Lui seul
peut le savoir avec certitude, Il n’attend pas de nous que nous le sachions.
Cependant, Il nous donne les moyens de savoir ce que nous devons savoir, en
jugeant les fruits (cf. Mt 7, 15–20). Ceux-ci permettent par
exemple de distinguer infailliblement les bergers des mercenaires. La joie et
la charité réelles révèlent où la véritable Église existe encore, même parmi
les structures de la Nouvelle Église.
2 Avons-nous
un pape ?
Réponse :
si nous jugeons le pape François par ses fruits, nous les trouvons désastreux
pour la véritable Église, au point que de nombreux catholiques sérieux
soutiennent qu’il est un antipape. Dieu n’exige pas de moi que je sois sûr de
ma réponse, dans un sens ou dans l’autre. Sur cette question, même de bons
théologiens catholiques peuvent être en désaccord. La sage conduite de Mgr
Lefebvre était de laisser ses prêtres avoir leur propre opinion en privé, mais
de les obliger en public à se comporter comme si les papes apparents de
Vatican II étaient de vrais papes, à moins et jusqu’à ce qu’il soit
clairement prouvé qu’ils ne le fussent pas. Même le pape François remplit
encore la fonction catholique de fournir aux structures de l’Église une tête
visible leur permettant de fonctionner jusqu’à ce que Dieu nettoie les écuries
d’Augias. En son temps, Dieu remettra le pape sur le bon chemin. En attendant,
je peux désespérer de tel ou tel pape, mais je ne dois pas désespérer de la
papauté, ni d’aucune autre institution venue de la Tradition de Notre Seigneur
Lui-même.
3 Qu’en
est-il des sacrements de la Nouvelle Église ?
Réponse :
comme l’ensemble de la Nouvelle Église dont ils sont un produit et une partie,
ils sont encore en partie bons même si, par définition, ils sont en train de
pourrir, comme les pommes pourrissent, image qui vaut ce qu’elle vaut. Car dès
le début, la Nouvelle Église a été habilement conçue pour pourrir pendant des
dizaines d’années, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de la véritable Église.
En effet, dans les années 1960, au moment de Vatican II, de nombreux
ecclésiastiques au sommet de l’Église avaient été complètement infectés par la
pensée maçonnique. La franc-maçonnerie est cette société secrète créée en 1717
à Londres pour infiltrer l’Église catholique jusqu’à sa destruction de
l’intérieur, permettant ainsi aux ennemis bien connus de Dieu et du genre
humain de s’emparer du monde. La véritable Église de Notre Seigneur est en
effet le grand obstacle sur leur chemin.
4 Qu’en
est-il des « miracles eucharistiques » qui se seraient produits lors
de « messes » du Novus Ordo ?
Réponse :
au cours des 2000 ans d’histoire de l’Église, Dieu a toujours aidé par des
miracles les Chrétiens à croire au miracle stupéfiant de sa Présence réelle
sous les simples apparences du pain et du vin. Et ces miracles continuent de
nos jours, car le Sacré-Cœur n’abandonne pas les brebis trompées par leurs
bergers. La différence est qu’aujourd’hui, la science moderne est en mesure de
fournir de vraies preuves techniques pour prouver que les miracles, quand ils
sont authentiques, sont bien authentiques. Voyez par exemple le livre « Un
cardiologue examine Jésus », du Dr Franco Serafini, avec des explications
et des illustrations photographiques de plusieurs miracles récents. Il est
édité par Sophia Institute Press, et disponible sur SophiaInstitute.com. Que
Dieu bénisse les traditionalistes qui s’en tiennent fermement à la messe latine
traditionnelle, mais non ceux qui refusent les preuves techniques fournies par
le Sacré-Cœur pour le salut des âmes.
5 Et
qu’en est-il de la réception des hosties prétendument consacrées lors de Messes
Novus Ordo ?
Réponse :
peut-être vaut-il mieux éviter de les recevoir, car elles peuvent être
invalides et, avec le temps, le devenir de plus en plus. Cependant, en cas de
nécessité, et si toutes les circonstances sont convenables, on peut les
recevoir pour autant qu’elles puissent être valides.
Partie 2
Le déluge d’horreurs de la
Troisième Guerre
Diront
d’un Dieu très bon la gloire et la colère.
Aucun
lecteur de ces Commentaires n’a envoyé de questions théoriques comparables à la
série de questions pratiques de la semaine dernière sur la crise sans précédent
dans l’Église aujourd’hui (CE 866 du 17 février). Mais il vaut la
peine d’inventer une telle série, pour offrir des réponses aux questions
théoriques, dans l’éventualité où quelques lecteurs comprendraient mieux la
confusion créée par Vatican II. Car ce Concile est une pente aussi glissante
que dangereuse.
1 Quel est donc l’élément
au cœur de cette confusion ? Est-ce ce que l’on appelle le
« modernisme » ? Qu’est-ce que le modernisme ?
Réponse :
le modernisme est la grande erreur des temps modernes, par laquelle même des
ecclésiastiques instruits peuvent en venir à croire que l’Église du passé n’a
plus besoin d’élever l’humanité à des hauteurs surnaturelles que l’homme ne serait
plus capable d’atteindre. Au contraire, « l’humanité est tellement
différente à l’époque moderne que pour l’atteindre au fond de son matérialisme,
l’Église doit mettre à jour sa doctrine, sa morale, sa liturgie, tout. Si les
hommes ne peuvent plus s’élever au niveau spirituel de l’Église, l’Église doit
s’abaisser au niveau matériel des hommes », disent les modernistes, du
moins en substance.
2 Mais la fonction de
l’Église n’est-elle pas d’aller vers les hommes, où qu’ils se
trouvent ?
Oui !
Mais pas en faisant n’importe quoi ! Tous les pompiers veulent
éteindre des incendies, mais le premier liquide venu ne fait pas l’affaire.
Quel pompier utiliserait de l’essence à la place de l’eau ? L’eau et
l’essence ont chacune leur nature immuable, indépendante de la volonté des
hommes. L’eau éteint le feu (surprise !), tandis que l’essence
l’alimente (« mais qui suis-je pour en juger ? »). De la
même manière, le chant grégorien et la musique rock ont chacun leur nature
immuable et opposée, avec des effets opposés et immuables. Le chant grégorien
attirera les âmes vers l’église, le rock vers la salle de danse, mais le rock
n’attirera pas vers l’église. Certains modernistes veulent bien faire, mais ils
sont stupides s’ils pensent que la musique fonctionne aujourd’hui différemment
de ce qu’elle était hier. Pour être attirées vers Dieu, les âmes ont besoin
d’une musique calme et non agitée.
3 Mais toute la vie
moderne est agitée, comparée à la vie d’hier. Alors comment une âme
d’aujourd’hui pourrait-elle parvenir à Dieu ?
C’est le
moins qu’on puisse dire ! Après 6000 ans d’histoire, on pourrait
penser que les hommes ont appris à connaître la nature, les effets et les
conséquences des choses, mais non. Notre époque part pour ainsi dire du
principe que l’homme peut vouloir que les natures aient les effets qu’il
souhaite. Tout est devenu si dégénéré et instable que la vie se transforme en
une agitation continuelle et que les jeunes ne supportent plus une musique trop
calme. Mais cela ne veut pas dire que les natures ont changé au point que le
rock les ramènera à l’Église. Ce n’est pas le cas. Ce n’est pas dans sa nature.
Il a été conçu par le Diable pour créer toujours plus d’agitation.
4 Mais si c’est vrai, comment
aujourd’hui un jeune, ou n’importe qui, pourra-t-il jamais aller au
Ciel ?
Bonne
question ! Dans les temps modernes, de nombreux saints se sont posé cette
question, mais aucun n’a jamais désespéré de la réponse parce qu’ils savaient
que Dieu dispose toujours sa grâce pour que l’âme la Lui demande. « Quand
on veut, on peut », disent les hommes. « À celui qui fait ce qu’il
peut, Dieu ne refuse pas sa grâce » selon la manière plus divine avec
laquelle l’Église s’exprime. Quoi qu’il en soit, lorsqu’une âme, sans faute
très grave de sa part, se trouve dans une situation où ses chances de salut
sont apparemment infimes, Dieu peut toujours intervenir (v. par exemple le cas
de Lot dans Genèse 19).
5 Mais puisque Dieu est
tout-puissant, pourquoi n’élimine-t-il pas tout le mal de la création qu’Il
domine ?
Parce que
le but de sa création est d’offrir la plus grande béatitude possible aux âmes
qui l’acceptent librement. Or, une béatitude qui n’est nullement méritée par
l’âme qui la reçoit ne peut être aussi heureuse pour cette âme qu’une béatitude
au moins partiellement méritée par elle en dépit de tout le mal dont elle a été
environnée durant sa courte vie dans cette ‘vallée de larmes’. Il s’ensuit que
plus Dieu souhaite être généreux avec son don de béatitude, plus Il autorisera
le mal, mais pas au point où le mal empêche le bien librement choisi. Ce point
a été atteint par le monde entier à l’époque de Noé et il revient aujourd’hui.
Dieu interviendra donc à nouveau demain et, si nous avons la foi catholique,
faisons notre part en priant le Rosaire de sa Mère pour le salut des âmes.
Kyrie
eleison