mardi 10 mars 2026

La Fraternité et les sacres de 2026

 Voici quelques commentaires sur la réponse du Conseil général de la Fraternité au cardinal Fernandez (18 février). Réflexions qui s’inspirent en particulier de la comparaison de cette lettre de 2026 avec deux autres lettres écrites dans un contexte similaire, en 1988 : celle de Mgr Lefebvre à Jean-Paul II (2 juin) et celle des supérieurs de la FSSPX — signée par vingt-quatre prêtres — au Préfet de la Congrégation des Évêques (6 juillet).



Relevons d’abord quelques éléments positifs dans le document de Menzingen :

— Il s’agit - heureusement - d’un refus de la proposition romaine.

— Ce refus est public, et tout le monde peut savoir en quels termes il a été formulé. Mgr Lefebvre agissait ainsi, mais Mgr Fellay était moins transparent.

— La Fraternité fait remarquer à juste titre qu’il n’y a pas lieu de définir ce que Rome appelle «les exigences minimales pour la pleine communion avec l’Église catholique » : les critères existent depuis bien longtemps.

— Parmi les trois annexes jointes à la lettre de Menzingen, la deuxième est très intéressante : elle rappelle brièvement comment la distinction des deux pouvoirs épiscopaux d’ordre et de juridiction permet de montrer que des sacres contre la volonté du pape ne conduisent pas nécessairement au schisme (cela s'applique notamment aux sacres du 30 juin 1988).

Ceci dit, on trouve aussi bien des éléments négatifs dans la lettre du 18 février. Il fallait d’ailleurs s’y attendre. L’abbé Pagliarani avait le choix, si on peut dire, entre trois formules : l'acceptation de la proposition romaine, mais il risquait de ne pas être suivi par son aile droite ; le refus avec une lettre bien ferme, mais il pouvait craindre de perdre son aile gauche ; le refus avec une lettre « molle ». Il a choisi cette dernière solution, la voie diplomatique. L’aile droite de la Fraternité peut dire : « Vous voyez, il a dit non ! » L’aile gauche se console à sa façon : « Il a dit non, mais il l’a dit si gentiment ! On va peut-être pouvoir s’arranger avec Rome. » Une fois de plus, c’est le souci de l’unité — unité plus apparente que profonde — qui
prime sur l’attachement à la vérité.

— Question préalable : fallait-il accepter une rencontre avec le cardinal Fernandez ? Si l'abbé Pagliarani estimait que oui, il aurait dû aborder ce personnage sulfureux comme un ennemi, et prendre initiative en attaquant, c'est-à-dire en l’interrogeant sur sa doctrine et sa morale, dont on sait à quel point elles sont opposées à la tradition. En réalité, le cardinal a gardé la direction des opérations, et il s’en est très bien sorti, surtout en demandant à l’abbé Pagliarani d’en référer à son Conseil, ce qui réduisait beaucoup sa marge de manœuvre.

— Lorsqu'on lit successivement la lettre de 2026 et les deux lettres de 1988, on est frappé par la différence de tonalité : d’un côté, un texte irénique ; de l’autre, un ton martial. Par exemple, les formules d’introduction et de conclusion de Mgr Lefebvre et de ses prêtres en 1988 sont respectueuses mais brèves, et elles n’expriment pas de remerciements. L'abbé Pagliarani,
lui, «en rajoute » : « Éminence révérendissime », « je tiens à vous remercier sincèrement ».…

— Il ne parle presque pas de la crise : il y a le mot « rupture » et expression « divergences doctrinales », et c’est tout dans cette longue lettre. Mgr Lefebvre, dans sa lettre du 2 juin 1988, désignait clairement le « faux œcuménisme » qui « conduit l’Église à sa ruine et les catholiques à l’apostasie » ; il constatait que «la Rome moderne » était « infestée de modernisme ». Quant aux supérieurs de la Fraternité, ils dénonçaient fortement « l'esprit adultère qui souffle dans l’Église », « l’aveuglement d'esprit et l’endurcissement de cœur des autorités romaines », « ce système qui se qualifie lui-même d’Église conciliaire», celle-ci étant décrite comme «une contrefaçon d'Église, évolutive, pentecôtiste et syncrétiste ». Quel contraste entre les lettres de 1988 et celle de 2026 !

— Dans cette dernière, le mot « dialogue » revient jusqu’à quatorze fois ! Ce terme est un élément essentiel du langage conciliaire, ayant été introduit en plein Concile (1964) par une encyclique de Paul VI, puis repris à tout propos depuis lors. Mgr Lefebvre l’a employé en 1988 dans un contexte brûlant : c'était le lendemain des sacres, le 1er juillet ; Mgr de Castro Mayer quittait Écône et allait passer au Barroux ; Mgr Lefebvre lui remit une carte à l'attention de Dom Gérard, pour l’exhorter — en vain, hélas ! — à «ne pas se laisser tenter par le dialogue avec le serpent romain ». L'abbé Pagliarani aurait dû se souvenir du dicton selon lequel « adopter le langage de l'ennemi, c’est déjà avoir perdu la moitié de la guerre ».

- Mais justement, les autorités de la Fraternité paraissent oublier que nous sommes en guerre, et qu’à Rome il y a beaucoup d’ennemis. Elles souhaitent (je cite la lettre du 18 février) des « échanges fraternels » qui « permettent de mieux se connaître mutuellement », alors même qu’elles avouent qu'un accord doctrinal est impossible. Il est pourtant clair que nous n’avons nul besoin — et nulle envie ! — de mieux connaître le cardinal Fernandez : ce que nous en savons déjà nous suffit amplement pour affirmer qu’il s’agit d’un des pires ennemis de l’Église et de la Tradition. Où est passé l'esprit de combat de Mgr Lefebvre et des supérieurs de 1988 ?
Je cite à nouveau la lettre de Monseigneur : « [Nous sommes] radicalement opposés à cette
destruction de notre foi... [Nous voulons] nous prémunir contre l'esprit de Vatican II et l'esprit d’Assise… nous protéger de toute compromission. »
Et la lettre des supérieurs : « Nous n'avons aucune part avec le panthéon des religions d’Assise.… Nous ne demandons pas mieux que d’être déclarés exclus de la communion impie avec les infidèles. »

— Le passage le pire dans la lettre du 18 février est peut-être celui qui fait le lien entre les deux parties du document : puisque « nous ne pouvons pas trouver d'accord sur la doctrine », « le seul point sur lequel nous pouvons nous rejoindre est celui de la charité envers les âmes et envers l’Église ».
Autrement dit : la foi nous sépare, mais la charité peut nous unir. C’est faux ! La foi peut subsister sans la charité (chez le chrétien en état de péché mortel : on parle alors d’une « foi motte ») ; mais la charité ne peut exister sans la foi. On se demande d’ailleurs où peut bien être la « charité envers les âmes » chez un prélat qui encourage les pécheurs publics à rester dans leur triste état, avec une bénédiction en prime, et qui voudrait empêcher les fidèles d’invoquer Marie Médiatrice et Marie Corédemptrice ?

— Malgré cela, l’abbé Pagliarani écrit au cardinal qu’il est « avant tout un pasteur ». Il se garde bien de préciser qu'il s’agit d’un mauvais pasteur, qui conduit les brebis dans des pâturages empoisonnés. Le supérieur général évoque « des actes concrets et significatifs » par lesquels les derniers papes «ont reconnu la valeur du bien que la Fraternité peut accomplir » : on
pense évidemment à l’octroi de la juridiction pour les sacrements ; vous savez ce qu'il faut en penser. Notez que d’après le supérieur général, c’est une forme de reconnaissance. Nous le savions bien, mais il est bon de le lire sous sa plume.

— Je continue la lecture de la lettre : « La Fraternité vous demande uniquement de pouvoir continuer », elle «ne vous demande tien d’autre ». Cela rappelle le message du pape Paul VI aux gouvernants à la fin du Concile : « L'Église ne vous demande que la liberté. » L’apostat Lamennais, le fondateur du libéralisme catholique, disait déjà : « L'Église n’a besoin que d’une
seule chose : la liberté. » Aujourd’hui, le supérieur général ne réclame que la liberté pour la Tradition...

— Je passe sur certaines considérations plus ou moins sentimentales, sur l'argument du pluralisme, sur l’appel à la « compréhension », à la tolérance qui permettrait une coexistence pacifique. Depuis quand la vérité devrait- elle quémander la tolérance dans la sainte Église de Dieu ?

Pour résumer, la principale critique qu’on puisse faire à cette malheureuse lettre du Conseil général de la Fraternité, c’est qu’il n’y a pas à demander aux autorités romaines si gravement défaillantes la permission de faire son devoir, c’est-à-dire de poursuivre l’opération-survie initiée par Mgr Lefebvre.
Quel dommage que les supérieurs de la Fraternité n’aient pas rédigé un texte bref et clair, une sorte de profession de foi, en reprenant tout simplement quelques expressions de leur fondateur, tirées par exemple de sa célèbre Déclaration de 1974, de sa lettre du 2 juin 1988, ou du sermon des sacres !

Pour conclure avec la Sainte Vierge, il est bien triste que l’abbé Pagliarani croie devoir s’excuser («ne le prenez pas comme une provocation ») de mentionner, à la fin de sa lettre, le titre de « Médiatrice de toutes les grâces ». Il aurait plutôt dû ajouter celui de Corédemptrice, et reprocher fermement au cardinal l’outrage infligé à Notre-Dame dans le texte publié par son Dicastère, et assumé, il faut toujours le rappeler, par Léon XIV lui-même.

Prions et sacrifions-nous, pendant ce saint temps du Carême, pour la conversion du pape et des évêques, et pour que la Fraternité retrouve le sens du combat de la foi.

vendredi 26 décembre 2025

L'obscurité ne l'a pas reçue (par Mgr Thomas d'Aquin)


                                                                                                                                      24 décembre 2025

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    PAX

 

L'obscurité ne l'a pas reçue

Mgr Thomas d'Aquin, un des évêques de la Résistance

Dès le début, une opposition à la vérité divine s’est manifestée, d’abord, parmi les anges, puis parmi les hommes.

 Les anges n'ont pas de retour à ce qu'ils font. Sa nature est trop parfaite pour qu'ils puissent y retourner.

 Mais les hommes ne sont pas comme ça. Ils se sont révoltés contre Dieu, par désobéissance, instigués par Lucifer, et pourtant il est possible de se retourner, ou plutôt, il est possible d’être l’objet de la miséricorde de Dieu, qui les ramène à l’obéissance.

 Dieu, en effet, L’a envoyé de qui il est écrit: «Il était la vraie lumière.» Cette lumière, Notre-Dame et saint Joseph, l’ont reçue et accueillie plutôt et plus que tous les saints, enfants de la Sainte Église. Mais l’Évangile nous dit que la Lumière brillait dans les ténèbres et que les ténèbres ne le recevaient pas.

 Parmi les refus que les hommes opposent à la Lumière qu’est Notre Seigneur, il y en a un qui occupe une place séparée, en raison de sa nocivité. C'est de la franc-maçonnerie. Fondé, dans sa forme moderne, en 1717, en Angleterre, il a été condamné par Clément XII quelques années plus tard, puis par plusieurs pontifes.

 Beaucoup des maux dont nous souffrons aujourd’hui trouvent leur origine dans les activités de la franc-maçonnerie et de ses alliés.

 La franc-maçonnerie cherche à détruire totalement les fondements de la société telle que Dieu l’a établie et sanctifiée par l’Église, et à mettre à sa place une société tout à fait contraire à Notre Seigneur et à sa loi.

 Il est nécessaire de connaître et de combattre cette société, pour le bien de l’Église et de toutes les âmes.

 Que ce soit dans les deux guerres mondiales, ou dans les lois civiles contraires à la loi de Dieu, ou dans le Concile Vatican II, ou dans la déclaration des droits de l'homme, l'influence de la franc-maçonnerie se fait terriblement sentir.

Il faut lire les meilleurs livres sur le sujet, auxquels saint Pie X a accordé tant d'importance, ainsi que Mgr Lefebvre que, dans son livre C'est moi, l'accusé, qui devrait vous juger (édité par la Fraternité Saint-Pie X), traite de l'enseignement des papes à cette fin.

 La fête de Noël rappelle la terrible opposition entre la Sainte Église et cette Anti-Église, qui est la franc-maçonnerie, qui, comme Hérode, cherche à tuer Notre-Seigneur dans le cœur des enfants, des jeunes, des adultes et des nations, et ainsi supprimer la Lumière qui brille dans les ténèbres.

 Que saint Joseph, saint patron de l’Église universelle, nous protège de nos ennemis comme la Sainte Famille et la vie de l’Enfant Jésus nous a protégés.

 

+ Thomas Aquin O.S.B.

 


mercredi 24 décembre 2025

La nativité et la corédemption de Marie (par Mgr de Castro Mayer)

 

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 Voici des passages de l'étude de Mgr de Castro Mayer sur la médiation universelle de la sainte Vierge, du 16 juillet 1978. 

 Elle est d'actualité de par l'approche de Noël en cette année où Rome refuse de reconnaître les titres de Marie. 

  

 Les titres qui fondent la médiation universelle

 

 Marie est Mère de Dieu

Zélés coopérateurs et fils bien aimés,
La très sainte Vierge Marie est la Mère de Dieu. Ce dogme très doux, contenu explicitement dans les saints Évangiles, fut défini au concile d’Éphèse, le 22 juin 431, contre les égarements de Nestorius, patriarche de Constantinople, et accueilli avec une joie profonde par le peuple fidèle qui rendit un hommage triomphal aux pères du concile en accompagnant avec des flambeaux et des acclamations d’allégresse leur retour à leurs résidences.

La très sainte Vierge Marie est Mère de Dieu parce que, par sa chair virginale, elle a coopéré avec le divin Esprit-Saint à la formation de la nature humaine du Fils de Dieu ; ce qui a conduit saint Augustin à utiliser cette belle et audacieuse expression : « Caro Christi, caro Mariæ, la chair du Christ est la chair de Marie»1.

Ainsi, le Verbe de Dieu est venu au monde par Marie. Il est né de Marie, il est le vrai Fils de Marie, et comme le Verbe est Dieu, la très sainte Vierge Marie est vraiment Mère de Dieu. Saint Luc, dans la partie de son Évangile dédiée à l’enfance de Notre-Seigneur, relate le message de Dieu transmis par l’archange saint Gabriel à la très sainte Vierge Marie. Dans ce message, la maternité divine de Marie est clairement affirmée :

Voici que vous concevrez dans votre sein, dit l’archange, et vous enfanterez un Fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus […]. L’Esprit-Saint descendra sur vous, c’est pourquoi le Saint qui naîtra de vous sera appelé Fils de Dieu [Lc 1, 30-35].

L’expression « sera appelé » signifie : il aura comme nom propre indiquant sa nature, car telle est la valeur des noms imposés par Dieu dans la Sainte Écriture 2
 

 Marie, corédemptrice

  Le choix de la très sainte Vierge Marie pour être Mère de Dieu, et elle l’est réellement en tant que Mère du Fils de Dieu fait homme, a des conséquences irréfutables dans l’économie de la grâce, sur le plan de la rédemption du genre humain.

 

Saint Augustin observe très justement que Dieu aurait pu s’incarner sans naître d’une femme, sans le concours de la Vierge Marie. C’eût été chose très facile à sa toute-puissante majesté. De même qu’il put naître d’une femme sans le concours d’un homme, ainsi aurait-il pu se dispenser de la collaboration de
Marie 3. Si donc, il a voulu naître de Marie, c’est parce que Marie entrait dans le plan divin qui a déterminé l’incarnation du Fils de Dieu.


Le Très-Haut, en effet, ne fait rien sans raison. Infiniment sage, il ne peut agir de façon inconsidérée. Il nous revient, si nous voulons participer aux desseins divins, d’accepter le présupposé incontestable de sa miséricorde, quand il a établi que l’incarnation du Verbe se réaliserait au moyen du corps humain formé dans le sein très pur de la très sainte Vierge. Comme nous le professons dans le Credo, Jésus s’est incarné « pour nous les hommes et notre salut 4. » ; il ne nous est pas permis d’exclure la collaboration de la très sainte Vierge Marie de l’oeuvre par laquelle la bonté divine a racheté le genre humain.

 

 D’ailleurs, la mise en relation de la maternité de Marie avec le plan de restauration du genre humain est antérieure à saint Augustin. Le Docteur de la grâce n’est qu’un maillon, sans aucun doute précieux, de la chaîne formée par la Tradition ecclésiastique qui remonte à l’époque apostolique.

En effet, dès les premiers siècles, les Pères de l’Église unissaient la très sainte Vierge Marie à son divin Fils dans la mission de restauration du genre humain. 

 

Saint Paul déclare dans son épître aux Romains : « De même que, par la désobéissance d’un seul homme, tous ont été constitués pécheurs, de même, par l’obéissance d’un seul, tous seront constitués justes » (Rm 5, 19). Les Pères de l’Église, comme pour compléter la pensée de l’Apôtre, ajoutent à l’antithèse entre Adam et Jésus-Christ, l’opposition entre Ève et Marie. Au deuxième siècle, les annales ecclésiastiques enregistrent le témoignage de saint Justin martyr († 165), selon lequel l’obéissance de Marie annula la désobéissance d’Ève : 

Ève vierge et sans tache, ayant accueilli la parole du serpent, engendra la désobéissance et la mort ; mais Marie, acquiesçant à la parole de l’Ange […] engendra celui qui a vaincu le serpent et ses suppôts, anges et hommes 5.

 

 De manière plus explicite, saint Irénée († 202), évêque de Lyon en ce même deuxième siècle, atteste : 

 Comme Ève, vierge, par sa désobéissance, est devenue cause de mort pour elle-même et pour tout le genre humain, ainsi, Marie, par son obéissance, est devenue pour elle-même et tout le genre humain cause de salut. […]. Ainsi la chaîne de désobéissance d’Ève a été dissoute par l’obéissance de Marie. […]. De même que le genre humain fut soumis à la mort par une vierge, de même il fut sauvé par Marie 6.

 

Tertullien, en Afrique, à la fin du deuxième siècle et au commencement du troisième, développe la même pensée : « Ève crut au serpent, Marie en Gabriel ; la faute commise par l’incrédulité de l’une, l’autre l’effaça par sa foi 7.. » Au fur et à mesure que nous avançons dans l’histoire, se perpétue dans l’enseignement ecclésiastique la même conception de l’économie de la grâce qui fait de Marie la restauratrice du malheur causé par Ève 8.


L’antithèse, en effet, entre Ève, cause de notre ruine, et Marie, cause de notre vie, est l’idée commune utilisée par la Tradition pour mettre en relief auprès des fidèles la mission particulière de la très sainte Vierge Marie dans l’oeuvre de la rédemption du genre humain. 


1 Saint AUGUSTIN, Sermon sur l’assomption de la bienheureuse Vierge Marie. — BOSSUET fait écho à saint Augustin dans son Deuxième sermon du vendredi de la première semaine de la Passion : « Sa chair [du Christ] est votre chair, ô Marie, son sang est votre sang. » OEuvres complètes publiées par F. Lachat, Paris, Vivès, 1862, p. 538.

2 Voir Gn 17, 5 ; 32, 28 ; Mt 16, 18.

3 Sermon 51, ch. II, n. III, PL 38, 334.

4 Symbole de Nicée-Constantinople.

5 « Eva enim cum virgo esset et incorrupta, sermone serpentis concepto, inobedientiam et mortem peperit. Maria autem Virgo, […] nuntianti angelo Gabrieli laetum nuntium, […] ex hac genitus est, […] per quem Deus serpentem, eique assimilatos angelos et homines profligat. » saint JUSTIN, Dialogue avec Tryphon, n. 100, PG 6, 712.

6 Sicut Eva « inobediens facta, et sibi, et universo generi humano causa facta est mortis : sic et Maria habens praedestinatum virum, et tamen virgo, obediens, et sibi, et universo generi humano causa facta est salutis. […] Sic autem et Evæ inobedientiæ nodus solutionem accepti per obedientiam Mariæ. » Adversus Hæreses, l. III, ch. XXII, PG 7, 959. — Nous n’avons pas retrouvé le lieu du troisième passage cité par l’auteur. (NDLR.)   

7 « Crediderat Eva serpenti : credidit Maria Gabrieli. Quod illa credendo deliquit, hæc credendo delevit. » TERTULLIEN, De Carne Christi, ch. XVII, PL 2, 782.    

8 Voir saint Cyrille de Jérusalem, saint Jérôme, saint Éphrem, saint Augustin et d’autres encore, comme on peut le lire dans Jean-Baptiste TERRIEN, Mère de Dieu, Mère des hommes, Paris, Lethielleux, 1902, p. II, l. I, ch. I.     

 

mardi 23 décembre 2025

Avis pour temps de nécessité

 Commentaire Eleison 807 et 808 

Conférence de l'abbé PICOT du 10 janvier 2023 concernant un Commentaire Eleison de Mgr Williamson

Partie 1

À qui fait autrement, ne soyez pas pénibles.

Dieu ne demande pas des choses impossibles.

Un lecteur bien troublé par la situation dans l’Église catholique nous envoie un certain nombre de questions pratiques que beaucoup d’âmes catholiques doivent se poser aujourd’hui en relation avec le grave devoir de tout catholique d’assister à la Messe pour remplir son obligation dominicale. En temps normal, les réponses sont relativement claires. Or, depuis la révolution de Vatican II dans les années 1960, les circonstances dans l’Église ne sont plus normales, et les réponses ne sont donc plus aussi claires. Énumérons les questions de ce lecteur, allant du général au particulier, sachant que ce Commentaire propose ses réponses sans rien imposer.

Dans quelle mesure l’Église conciliaire est-elle catholique, et dans quelle mesure est-elle contrefaite  ?

Réponse  : Dieu seul le sait, car Lui seul connaît les secrets des cœurs des hommes, et la frontière entre la vraie et la fausse Église passe souvent par le cœur des hommes, à savoir par exemple s’ils ont ou non la foi catholique. Puisque Lui seul peut le savoir avec certitude, Il n’attend pas de nous que nous le sachions. Cependant, Il nous donne les moyens de savoir ce que nous devons savoir, en jugeant les fruits (cf. Mt 7, 15–20). Ceux-ci permettent par exemple de distinguer infailliblement les bergers des mercenaires. La joie et la charité réelles révèlent où la véritable Église existe encore, même parmi les structures de la Nouvelle Église.

Avons-nous un pape  ?

Réponse  : si nous jugeons le pape François par ses fruits, nous les trouvons désastreux pour la véritable Église, au point que de nombreux catholiques sérieux soutiennent qu’il est un antipape. Dieu n’exige pas de moi que je sois sûr de ma réponse, dans un sens ou dans l’autre. Sur cette question, même de bons théologiens catholiques peuvent être en désaccord. La sage conduite de Mgr Lefebvre était de laisser ses prêtres avoir leur propre opinion en privé, mais de les obliger en public à se comporter comme si les papes apparents de Vatican II étaient de vrais papes, à moins et jusqu’à ce qu’il soit clairement prouvé qu’ils ne le fussent pas. Même le pape François remplit encore la fonction catholique de fournir aux structures de l’Église une tête visible leur permettant de fonctionner jusqu’à ce que Dieu nettoie les écuries d’Augias. En son temps, Dieu remettra le pape sur le bon chemin. En attendant, je peux désespérer de tel ou tel pape, mais je ne dois pas désespérer de la papauté, ni d’aucune autre institution venue de la Tradition de Notre Seigneur Lui-même.

3  Qu’en est-il des sacrements de la Nouvelle Église  ?

Réponse  : comme l’ensemble de la Nouvelle Église dont ils sont un produit et une partie, ils sont encore en partie bons même si, par définition, ils sont en train de pourrir, comme les pommes pourrissent, image qui vaut ce qu’elle vaut. Car dès le début, la Nouvelle Église a été habilement conçue pour pourrir pendant des dizaines d’années, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de la véritable Église. En effet, dans les années 1960, au moment de Vatican II, de nombreux ecclésiastiques au sommet de l’Église avaient été complètement infectés par la pensée maçonnique. La franc-maçonnerie est cette société secrète créée en 1717 à Londres pour infiltrer l’Église catholique jusqu’à sa destruction de l’intérieur, permettant ainsi aux ennemis bien connus de Dieu et du genre humain de s’emparer du monde. La véritable Église de Notre Seigneur est en effet le grand obstacle sur leur chemin.

Qu’en est-il des « miracles eucharistiques » qui se seraient produits lors de « messes » du Novus Ordo  ?

Réponse  : au cours des 2000 ans d’histoire de l’Église, Dieu a toujours aidé par des miracles les Chrétiens à croire au miracle stupéfiant de sa Présence réelle sous les simples apparences du pain et du vin. Et ces miracles continuent de nos jours, car le Sacré-Cœur n’abandonne pas les brebis trompées par leurs bergers. La différence est qu’aujourd’hui, la science moderne est en mesure de fournir de vraies preuves techniques pour prouver que les miracles, quand ils sont authentiques, sont bien authentiques. Voyez par exemple le livre « Un cardiologue examine Jésus », du Dr Franco Serafini, avec des explications et des illustrations photographiques de plusieurs miracles récents. Il est édité par Sophia Institute Press, et disponible sur SophiaInstitute.com. Que Dieu bénisse les traditionalistes qui s’en tiennent fermement à la messe latine traditionnelle, mais non ceux qui refusent les preuves techniques fournies par le Sacré-Cœur pour le salut des âmes.

Et qu’en est-il de la réception des hosties prétendument consacrées lors de Messes Novus Ordo  ?

Réponse  : peut-être vaut-il mieux éviter de les recevoir, car elles peuvent être invalides et, avec le temps, le devenir de plus en plus. Cependant, en cas de nécessité, et si toutes les circonstances sont convenables, on peut les recevoir pour autant qu’elles puissent être valides.

Partie 2

Le déluge d’horreurs de la Troisième Guerre

Diront d’un Dieu très bon la gloire et la colère.

Aucun lecteur de ces Commentaires n’a envoyé de questions théoriques comparables à la série de questions pratiques de la semaine dernière sur la crise sans précédent dans l’Église aujourd’hui (CE 866 du 17 février). Mais il vaut la peine d’inventer une telle série, pour offrir des réponses aux questions théoriques, dans l’éventualité où quelques lecteurs comprendraient mieux la confusion créée par Vatican II. Car ce Concile est une pente aussi glissante que dangereuse.

1 Quel est donc l’élément au cœur de cette confusion  ? Est-ce ce que l’on appelle le « modernisme »  ? Qu’est-ce que le modernisme  ?

Réponse  : le modernisme est la grande erreur des temps modernes, par laquelle même des ecclésiastiques instruits peuvent en venir à croire que l’Église du passé n’a plus besoin d’élever l’humanité à des hauteurs surnaturelles que l’homme ne serait plus capable d’atteindre. Au contraire, « l’humanité est tellement différente à l’époque moderne que pour l’atteindre au fond de son matérialisme, l’Église doit mettre à jour sa doctrine, sa morale, sa liturgie, tout. Si les hommes ne peuvent plus s’élever au niveau spirituel de l’Église, l’Église doit s’abaisser au niveau matériel des hommes », disent les modernistes, du moins en substance.

2  Mais la fonction de l’Église n’est-elle pas d’aller vers les hommes, où qu’ils se trouvent  ?

Oui  ! Mais pas en faisant n’importe quoi  ! Tous les pompiers veulent éteindre des incendies, mais le premier liquide venu ne fait pas l’affaire. Quel pompier utiliserait de l’essence à la place de l’eau ? L’eau et l’essence ont chacune leur nature immuable, indépendante de la volonté des hommes. L’eau éteint le feu (surprise  !), tandis que l’essence l’alimente (« mais qui suis-je pour en juger  ? »). De la même manière, le chant grégorien et la musique rock ont chacun leur nature immuable et opposée, avec des effets opposés et immuables. Le chant grégorien attirera les âmes vers l’église, le rock vers la salle de danse, mais le rock n’attirera pas vers l’église. Certains modernistes veulent bien faire, mais ils sont stupides s’ils pensent que la musique fonctionne aujourd’hui différemment de ce qu’elle était hier. Pour être attirées vers Dieu, les âmes ont besoin d’une musique calme et non agitée.

3  Mais toute la vie moderne est agitée, comparée à la vie d’hier. Alors comment une âme d’aujourd’hui pourrait-elle parvenir à Dieu  ?

C’est le moins qu’on puisse dire  ! Après 6000 ans d’histoire, on pourrait penser que les hommes ont appris à connaître la nature, les effets et les conséquences des choses, mais non. Notre époque part pour ainsi dire du principe que l’homme peut vouloir que les natures aient les effets qu’il souhaite. Tout est devenu si dégénéré et instable que la vie se transforme en une agitation continuelle et que les jeunes ne supportent plus une musique trop calme. Mais cela ne veut pas dire que les natures ont changé au point que le rock les ramènera à l’Église. Ce n’est pas le cas. Ce n’est pas dans sa nature. Il a été conçu par le Diable pour créer toujours plus d’agitation.

Mais si c’est vrai, comment aujourd’hui un jeune, ou n’importe qui, pourra-t-il jamais aller au Ciel  ?

Bonne question ! Dans les temps modernes, de nombreux saints se sont posé cette question, mais aucun n’a jamais désespéré de la réponse parce qu’ils savaient que Dieu dispose toujours sa grâce pour que l’âme la Lui demande. « Quand on veut, on peut », disent les hommes. « À celui qui fait ce qu’il peut, Dieu ne refuse pas sa grâce » selon la manière plus divine avec laquelle l’Église s’exprime. Quoi qu’il en soit, lorsqu’une âme, sans faute très grave de sa part, se trouve dans une situation où ses chances de salut sont apparemment infimes, Dieu peut toujours intervenir (v. par exemple le cas de Lot dans Genèse 19).

Mais puisque Dieu est tout-puissant, pourquoi n’élimine-t-il pas tout le mal de la création qu’Il domine  ?

Parce que le but de sa création est d’offrir la plus grande béatitude possible aux âmes qui l’acceptent librement. Or, une béatitude qui n’est nullement méritée par l’âme qui la reçoit ne peut être aussi heureuse pour cette âme qu’une béatitude au moins partiellement méritée par elle en dépit de tout le mal dont elle a été environnée durant sa courte vie dans cette ‘vallée de larmes’. Il s’ensuit que plus Dieu souhaite être généreux avec son don de béatitude, plus Il autorisera le mal, mais pas au point où le mal empêche le bien librement choisi. Ce point a été atteint par le monde entier à l’époque de Noé et il revient aujourd’hui. Dieu interviendra donc à nouveau demain et, si nous avons la foi catholique, faisons notre part en priant le Rosaire de sa Mère pour le salut des âmes.

Kyrie eleison

 

La Fraternité et les sacres de 2026

 Voici quelques commentaires sur la réponse du Conseil général de la Fraternité au cardinal Fernandez (18 février). Réflexions qui s’inspi...